Publier un retour sur une expérience d’apprentissage sur internet pour le conscientiser et le valoriser

La publication comme résultat de la tâche

Les élèves de 2e (ils ont environ 17 ans) travaillent sur des enregistrements audio, récits auto-biographiques authentiques qui traitent du SIDA. Par groupes de cinq, ils présentent au reste de la classe le contenu d’un récit (d’environ 10 minutes). Ils doivent le comprendre puis le synthétiser et en faire un compte rendu oral sur la base de mots clés. Outre le travail de compréhension de l’oral, d’expression écrite et d’expression orale, ils apprennent à utiliser un outil de présentation (Google Slides), à collaborer, coopérer et s’entraider pour présenter un résultat de qualité.

Nous organisons ensuite une interview via Skype avec un des créateurs du projet de récolte et de diffusion de ces récits, Martin Kostezer qui vit et enseigne à Zurich. Les élèves posent leurs questions et interagissent dans la langue cible durant 40 minutes avec leur interlocuteur dont l’image est projetée face à eux. Martin voit les élèves grâce à une webcam installée face à la classe.IMG_20161219_133339326.jpg

À la suite de cette rencontre humaine, les élèves rédigent en groupe un « feedback », à savoir des textes dans lesquels ils font témoignage de ce qu’ils ont appris en travaillant sur ces contenus et à travers les activités tout au long de cette séquence. Ces textes sont publiés sur le site internet du projet.

Publier pour conscientiser et valoriser l’apprentissage

La démarche qui consiste à demander aux élèves de décrire leur expérience d’apprentissage est riche d’enseignements. Plutôt que de passer d’une activité à l’autre avec comme aboutissement de chacune une « note qui tombe du haut » (voir l’article Utiliser l'(auto)évaluation pour donner du pouvoir d’action sur le monde aux élèves), cette expérience montre la valeur d’un temps de retour sur ce qui a été fait. La description de leur propre apprentissage, à laquelle les élèves se livrent, leur permet de prendre conscience et d’analyser le chemin parcouru pour mieux entrevoir le chemin qu’il reste à parcourir. Elle permet de construire du sens à travers un processus d’auto-évaluation, qui n’est pourtant pas nommé comme tel: « Pourquoi nous avons fait ces différentes activités lors de ces derniers mois et qu’est-ce que j’en retire? » Elle permet aussi un transfert en élargissant le champs d’action des connaissances acquises: « Comment vais-je pouvoir utiliser ces nouvelles ressources dans d’autres contextes? »

La dimension sociale et humaine de la tâche ainsi que son décloisonnement du cadre strict de la classe créent des enjeux signifiants pour les élèves et déclenchent leur mobilisation dans les activités proposées. Outre l’interview Skype, la publication sur internet de leurs textes les fait entrer en contact potentiel avec des personnes extérieures à l’école. En retour, ces textes sont utiles aux initiateurs du projet en question puisqu’ils montrent l’usage pédagogique que l’on peut faire de leur matériel et de leur site internet. Ces textes d’élèves participent donc à une entreprise qu’ils connaissent pour l’avoir étudiée et instaurent un rapport de coopération et d’entraide entre les élèves et des acteurs sociaux qui défendent une cause. L’expérience d’apprentissage est donc valorisée par l’utilité de leur contribution.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s